Le génie est « ailleurs »… ou parmi nous.

https://www.quantamagazine.org/20160519-ken-ono-mathematician-inspired-by-ramanujan/Cette interview vaut pour moi autant que des tas de bouquins.

A voir le film bouleversant sur Srinivasa Ramanujan : « L’homme qui défiait l’Infini. »

Extrait choisi des propos de Ken ONO : « There are no age limits, and I don’t want this to be a competition where you’re recognized for high test scores. I have no trouble finding people who can get an 800 on the math SAT. That’s easy. Those people don’t need to be identified. They’ve already self-identified. I’m searching for creativity.« 

Il y a une nuance à apporter dans son propos avec le « they’ve already self-identified ». Ce n’est pas forcément le cas. Pour certains enfants, le problème est que le système ne les a pas identifiés, et qu’ils ne se sont pas identifiés eux-mêmes. Le conflit naît. Rapidement, ce n’est pas l’enfant qui en sort « vainqueur » s’il ne se comporte pas en « roseau pensant ». Etre un roseau pensant est un talent, ou bien il faut avoir engrangé des expériences mais c’est trop tard.

On peut parler de gâchis humain d’abord (surtout vu par les parents), et pour la société ensuite, à condition d’accepter de voir ces enfants comme des produits « utiles » pour elle. La société n’a pas aujourd’hui (en pratique) ce scrupule. Est-ce que les intérêts respectifs de l’individu et de la société doivent converger ? non, hormis peut-être si le but commun était le bien-être ! Ce qui n’est pas le cas. Dans les faits, comme dans une entreprise, il faut que l’intérêt de l’individu converge avec celui de la société sinon le futur adulte va passer par pertes & profits. Si ces enfants ne comprennent pas ce qu’on attend d’eux et vers quoi le processus scolaire les conduit, ils sont dans la même situation que ceux qui ne comprennent pas assez pour suivre un parcours académique.

Certains et certaines se battent sur l’importance du QI mais il n’est qu’une autre expression du système qu’ils et elles prétendent combattre. L’intelligence, non le talent, doit permettre de vivre dans le système comme elle devrait permettre de vivre dans la jungle, à l’état sauvage. L’intelligence dans un environnement institutionnalisé et structuré est semblable à une capacité de survie pour avancer avec « succès » donc survivre.

« Malheur » aux personnes très intelligentes inadaptées, incomprises et/ou écartées.

Puis il y a les créatifs. Ceux qui sont condamnés à « faire avec », ceux et celles qui travaillent sur le mode inductif, voire intuitif, et non déductif. Il me semble que les créatifs appartiennent à une population à part. Soit leur génie est reconnu naturellement, soit ils ont besoin d’une aide.

Le génie a « raison » face à des esprits brillants, selon les normes évaluables établies comme le QI, mais il aura tort aussi longtemps que les esprits systématisés n’auront pas reconnu la pertinence de sa création selon leurs références. Cependant il ne sera jamais vraiment l’un d’entre eux. Le génie suscite aussi bien l’intérêt que la crainte. JSCOB…?

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