« Les Français pensent que… »

Combien de journalistes, experts, commentateurs, des émissions télévisuelles font dire aux Français des choses  »qu’ils penseraient », notamment quand il s’agit de traiter l’actualité en cours ?

DONC, pourquoi la plupart d’entre eux n’ont pas compris ce que voulaient des dizaines de milliers de manifestants Gilets jaunes, mise à part l’augmentation du « pouvoir d’achat » ? Ils n’ont « compris » que les évènements qu’ils ont voulu attribué aux Gilets jaunes : violence, casse, homophobie, racisme, antisémitisme.

Ils ont voulu aider le gouvernement à prouver au reste de la population que le chien « gilet jaune » avait la rage.

En revanche ces mêmes journalistes n’ont aucune difficulté à exprimer ce que penseraient des millions de Français. Dire qu’on a « compris les Français » est la source d’un acte politique. Les journalistes jouent trop souvent à influencer la perception politique que devrait avoir « l’opinion publique », une autre invention destinée à influencer ceux d’entre nous qui ont renoncé à penser politique.

Le mouvement des Gilets jaunes a le mérite de montrer la stratégie de manipulation de « l’opinion publique » dans toute sa splendeur mise en oeuvre entre les différents détenteurs du pouvoir, qui s’est conclue ses derniers jours par la manifestation contre l’antisémitisme.

Les mots appellent les mots, et les émotions appellent les émotions. Les journalistes, comme les hommes et femmes politiques, évoluent rarement sur le terrain de la rationalité mais plutôt sur celui de la manipulation, à défaut de détenir la Vérité sur tel ou tel sujet. On a inventé le terme « intelligence émotionnelle » : c’est à se demander si ce n’est pas en lien avec ces techniques de manipulation des gens. JSCOB…?

Le terrorisme, l’arme stratégique du pauvre.

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160331.OBS7480/la-strategie-de-la-mouche-comment-quelques-terroristes-font-trembler-les-grandes-nations.html

Le terrorisme est de la criminalité qui affiche un but politique.

Le terrorisme exploite toutes les failles (faiblesses, vulnérabilités) d’une société ouverte. Il utilise la formidable caisse de résonance constituée par les médias et, depuis quelques années, par la mise en réseau de tous les citoyens.

Le terrorisme fait désormais le buzz.

Un civil meurt écrasé sur la route. Personne ne bouge. Si le conducteur revendique la mort du piéton, la population, appuyée par les médias, va manifester sa tristesse et sa colère. Objectivement, la succession de tels actes a aussi peu de chances de modifier le fonctionnement et l’organisation de notre pays que les morts sur la route. Pourtant nous avons d’un côté quelques décès, même s’ils se comptent par dizaines, de l’autre, la route fait chaque année 2500 morts.

« La menace d’attentats ne va pas nous empêcher de continuer à vivre » disent les gens qui sont interviewés dans la rue, mais cette affirmation vaut pour tous les accidents de la vie. Rappelons-nous la découverte du SIDA. La menace ou le risque sont ensuite intégrés dans la vie de tous les jours une fois passé le temps de l’émotion face à un phénomène nouveau.

La stratégie de la peur est une stratégie d’influence. Elle joue sur la perception et le comportement irrationnel de nos concitoyens. Les terroristes utilisent les mêmes failles psychologiques que les démagogues. Le terroriste produit un effet stratégique car il impacte toute la population et devient la préoccupation centrale des responsables politiques. Il le fait avec des moyens humains et matériaux très limités. Le terrorisme est l’arme stratégique du pauvre. Le terrorisme ne peut pas gagner une guerre. Il a  l’importance qu’on lui accorde. JSCOB… ?

La stratégie de l’émotion.

La foule a un comportement reptilien. L’opinion publique peut se comporter de la même manière par médias interposés. Les médias ont une responsabilité.

L’émotion est une réaction basique presque archaïque. Elle ne laisse aucune place à l’intelligence.  Certains parleraient pourtant « d’intelligence du coeur ». Cependant « l’intelligence du coeur » ne préside pas à l’organisation de l’ordre mondial.

L’émotion fait l’objet de toutes les manipulations, qu’elle soit compassion ou colère. L’émotion d’une foule ou d’une opinion publique est une cible pour les responsables politiques comme pour les journalistes et les rédacteurs en chef qui cherchent à produire des effets. Elle fait les choux gras des démagogues et des dictateurs.

Le déclenchement de l’émotion à grande échelle devient une sorte de référendum. Il peut alors conduire à des décisions immédiates et stratégiques (ex : accueillir 800 000 réfugiés dans un même pays). C’est alors la rue qui prend les commandes.

L’émotion est orientée par une photo bien choisie aussi bien qu’un référendum l’est par une question adroitement formulée. Elle fait fi des enjeux de fond et ne s’intéresse pas à la recherche d’une décision stratégique sur le long terme, celle pour laquelle on a besoin de dirigeants. Dans ce contexte, vu par les historiens, les dirigeants qui suivent la foule risquent le déshonneur. Ils ne sont pas à la hauteur. Il est également possible que leurs leviers d’action ne soient pas à la hauteur du besoin. Ils seront en plus traités de menteurs, exemple : nous accueillons des réfugiés mais nous n’avons pas les moyens de restaurer la paix dans leur pays afin de les y renvoyer. Si la Jordanie venait à risquer une déstabilisation chez elle, elle pourrait être amenée à entrer dans cette guerre au-delà du fait qu’elle pourrait elle même devenir une cible pour Daesh. Les réfugiés qui s’y trouvent dans des camps ont « vocation » à rentrer chez eux.

Quelle transformation sommes nous en train de subir au détriment de nos enfants à l’image du réchauffement climatique ? Opportunisme et court termisme contre vision de l’avenir et courage politique, les défauts et les petits calculs de nos responsables politiques éclateraient au grand jour. Une page de l’Histoire est en train de s’écrire mais le scénario choisi semble ne pas être le bon. JSCOB… ?

De la lutte pour la liberté à la perte de liberté

Depuis mercredi, les médias nous inondent de commentaires plus ou moins pertinents sur les événements qui se produisent et sur leurs causes possibles. Les acteurs politiques sont intervenus, les uns parce qu’ils ont une responsabilité, les autres parce qu’ils sont par définition proches des gens et qu’ils ne peuvent rester à l’écart. L’émotion passée, que va devenir ce battage médiatique qui continue ?

Le passage de l’émotion à la réflexion est plus rapide chez les responsables politiques que chez le citoyen. La question que je me pose est quel est le moment où, dès aujourd’hui, la communication « citoyenne » va passer à la « communication opérationnelle » ?

En effet, on parle de criminels mais il s’agit pour moi en fait de combattants. La stratégie à mettre en place n’est pas la même. Il va falloir mettre en place un dispositif et des procédures qui doivent être à la hauteur de la menace. Cette menace va être permanente. Elle peut agir à tout moment et sur des cibles très variées sur l’ensemble du territoire, dans les années à venir. VIGIPIRATE a montré ses limites (avérées), en dépit de l’investissement humain quotidien très important. Les forces de police ne suffisent pas à quadriller le pays. Elles doivent rentrer très vite dans leurs casernes et leurs commissariats. Il faut continuer à traiter la délinquance ordinaire.

Cette situation est propice à la mise en place de procédures potentiellement abusives (investigations tous azimuts des administrations, vigilance citoyenne, vigilance des Elus,…) rappelant des heures sombres : perspective de dénonciations qui n’ont rien à voir avec la menace d’attaques et de procédures qui débouchent sur des mises en cause de personnes, certes hors la loi, mais qui sont étrangères à celles qui sont ciblées par ces procédures « exceptionnelles ». La lutte pour la liberté d’expression de ces derniers jours pourrait se transformer rapidement en une diminution de la liberté tout court… mais « pour notre bien », bien évidemment. Pourquoi ne pas utiliser les outils existants (forces de sécurité de présence, forces de sécurité d’élite, groupes de recherche spécialisés, enquêteurs,…: créer un service pluridisciplinaire spécialisé ?). Vous me direz que la DCRI a été créée pour cela. Les événements récents sont-ils un échec pour elle ou le symptôme d’une insuffisance de ses moyens ? Il faut aussi admettre que depuis des années l’Etat a fait des économies qui ont diminué nos capacités à traiter cette menace (exemple : pour les armées, notre « intervention » contre DAESH) où elle puise sa force et ses moyens. Personnellement, je préfère une DCRI plus performante qu’une Administration plus invasive qu’elle ne l’est aujourd’hui et la certitude d’être épié dans ma vie de tous les jours (cf l’ex RDA). Les extrémistes ne doivent pas nous faire revenir un demi siècle en arrière. Nous devons apprendre à vivre avec ce type de menace et nos responsables politiques se doivent de jouer leur rôle de leaders. JSCOB… ?

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